Tatsiana KHOMICH

 

 

In Belarus, people did not give up (T.Khomich) - B2's blog

Tatsiana, dans les locaux du Parlement européen,

fait le signe de solidarité des Biélorusses, (crédit: Parlement européen)

 

Tatsiana KHOMICH

 

Tatsiana Khomich a huit ans quand Alexandre Loukachenko arrive au pouvoir en Biélorussie. Elle en a trente-quatre lorsqu’elle décide de s’engager contre sa dictature, voyant dans la campagne présidentielle de 2020 une opportunité de travailler efficacement à une démocratisation du régime.  Elle commence son activisme en mai 2020 en rejoignant l’équipe de Viktar Babaryka, un des candidats de l’opposition, en tant que responsable des médias. Après l’arrestation de Viktar Babaryka, et l’invalidation de la candidature d’un autre, sa sœur,  l’activiste et artiste Maria Kalesnikava, est devenue la porte-parole de Svetlana Tikhanovskaïa qui a su fédérer tous les adversaires du régime. Quelques semaines plus tard, en août, accablée de menaces, Tatsiana Khomich quitte son pays et, le 6 septembre 2021, sa sœur est arrêtée puis condamnée à onze ans de prison pour avoir organisé une prise de pouvoir inconstitutionnelle… La virulence de la répression menée par Loukachenko apparaît dans cette histoire familiale ; la détermination de ses opposants aussi, alors que l’élection volée de 2020 est un véritable tournant. 

 

Entretien réalisé par vidéoconférence le mercredi 16 décembre 2020 par  Emmanuelle Stroesser

Votre sœur est membre du conseil de coordination créé au lendemain de la réélection contestée d’Alexandre Loukachenko. Poursuivie par le régime comme les autres membres du conseil, elle déchire son passeport pour ne pas être contrainte à l’exil. Elle a été arrêtée début septembre et est en prison depuis. Quelles nouvelles avez-vous d’elle?

« Elle est dans une cellule avec trois autres femmes. Aucune procédure pénale n’a encore été engagée. Nous devrions savoir le 8 janvier [2021] si elle reste en prison plus longtemps, ou si elle est assignée à résidence, ou si elle est libérée à la condition de ne pas quitter le pays. Maryia ne reçoit pas nos lettres. Presque aucune lettre d’elle ne nous parvient non plus. Elle ne peut pas lire de livres parce qu’elle n’est pas autorisée à les emprunter à la bibliothèque. Peut-être pensent-ils qu’elle pourrait y trouver quelque chose... C’est ce qu’ils lui ont expliqué, que ce ne sont pas les livres qui vous font grandir ! (sourire) Maryia reste optimiste, courageuse et forte, toujours pleine d’énergie.

Le régime poursuit tous les opposants. Est-ce également ce dont ses avocats étaient accusés?

Deux de ses avocats ont été arrêtés en même temps qu’elle, dont l’un est également membre du conseil de coordination. En octobre, un autre de ses avocats a perdu son permis et un quatrième a été arrêté, initialement pour avoir participé à des manifestations, mais ils n’ont pas pu le prouver, alors ils ont changé l’accusation, l’accusant de résister à son arrestation. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce sont des persécutions politiques, des méthodes d’intimidation.

Où est la mobilisation de la population ? Les manifestations et les grèves se poursuivent-elles aussi fortement, malgré la répression du régime ? 

Bien sûr, les gens sont stressés, fatigués parce qu’ils ne peuvent pas vivre normalement. Ils sont soumis à la violence dans les rues depuis des mois. C’est très difficile, mais ils n’abandonnent pas. Si avant les manifestations étaient massives, et les gens se rassemblaient dans le centre de Minsk [la capitale], maintenant les manifestations sont plus locales, les gens se rassemblent dans leurs jardins. Il est plus difficile pour la police de les joindre. Le type de protestation a changé, mais le peuple n’a pas abandonné.

Le gouvernement a l’intention de fermer les frontières le 21 décembre. Qu’est-ce que cela va changer pour l’opposition ?

L’interdiction de sortir ou d’entrer ne concernera que les bus et les trains. Les gens pourront toujours quitter le pays mais, bien sûr, il sera plus facile de canaliser les voitures. Cette étape sera également négative pour l’économie.

Y a-t-il des signes qui vous donnent de l’espoir pour les semaines à venir?

Il est vraiment difficile de dire comment et quand il y aura des changements en Biélorussie. Pour l’instant, il y a encore des violences sexuelles dans les rues, des dizaines de milliers de prisonniers politiques. Nous comptons sur un dialogue organisé avec la participation de l’OSCE, de la Russie et d’autres pays. Mais il faut comprendre que l’ancien président (NDLR. Alexandre Loukachenko) n’est pas prêt pour un dialogue. Nous savons qu’une prochaine série de sanctions [européennes] est prévue. Cela pourrait aider, mais cela pourrait aussi avoir des effets négatifs. Ce qui est certain, c’est que le chemin est long. Notre liberté est un processus qui peut prendre du temps. Nous y sommes prêts.

 

Lire aussi Les femmes biélorusses à la pointe du soulèvement contre Loukachenko (Le Monde)
 

 

Qu’attendez-vous de l’Europe ?

Nous devons nous assurer que la situation en Biélorussie ne passe pas inaperçue. Les Biélorusses doivent avoir la possibilité de vivre sans craindre d’être persécutés. Nous devons également nous assurer que les médias indépendants et les organisations de la société civile peuvent travailler sans subir la pression des autorités. Par ailleurs, une aide économique devrait aussi être apportée à la Biélorussie. Nous devons renforcer nos relations avec les démocraties pour l’avenir du pays. La situation en Biélorussie doit faire l’objet d’une attention constante. Lorsque l’occasion politique se présentera, les États européens devront faire pression sur le gouvernement biélorusse pour qu’il libère les prisonniers politiques. Il ne faudra pas manquer cette occasion.

(extrait de  « Le régime de Loukachenko ne représente pas le peuple biélorusse » : conversation avec Tatsiana Khomich,        texte proposé par Le Grand Continent / la lettre du dimanche, 13-08-2022)

 

Aujourd’hui représentante du Conseil de coordination des prisonniers politiques, Tatsiana Khomich est devenue la voix de sa sœur Maria Kalesnikava, incarcérée en septembre 2020, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques en Biélorussie.

Cette année, elle a été lauréate de la toute nouvelle initiative Marianne pour les défenseurs des droits de l’Homme, lancée en France par le Président de la République en décembre 2021.

 « Le régime de Loukachenko ne représente pas le peuple biélorusse » : conversation avec Tatsiana Khomich

 

 

 

 

 

En mai 2021, Tatsiana Khomich rencontre le directeur artistique du Schlossfestspiele, Jochen Sandig, pour une interview. Elle parle des changements politiques et de la société civile dans son pays et demande à soutenir les Biélorusses. Elle envoie un message clair d’espoir pour un changement pacifique dans le respect des droits de l’homme.    https://www.schlossfestspiele.de/en/g2kvtaryp0#

 

6 avril 2022  Sommet des Droits humains et de la Démocratie, Genève  :  https://youtu.be/ujKzQ2nBeZ0

Tatsiana Khomich (@tatsiana_khomich) • Photos et vidéos Instagram

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