
Henna Virkkunen
Henna Maria Virkkunen née le 4 juin 1972 à Joutsa (Finlande).
Membre du Parti de la coalition nationale (Kok). Elle est ministre de l'Éducation entre 2007 et 2011, ministre de l'Administration publique entre 2011 et 2014 et ministre des Transports en 2014, année de son élection au Parlement européen.
Intéressée par les sports et la littérature, Henna Virkkunen commence sa carrière professionnelle en tant que journaliste indépendante, travaillant régulièrement avec le quotidien Keskisuomalainen en 1993. En 1997, elle est élue membre du conseil municipal de Jyväskylä et du conseil régional de Finlande centrale.
Ayant quitté en 1998 le journal pour devenir coordinatrice de la communication et copropriétaire de la société Medita Communication, elle est désignée en 1999 première vice-présidente du comité exécutif régional de Finlande centrale.
Diplômée en philosophie de l'université de Jyväskylä en 2001, elle quitte son métier l'année suivante pour obtenir un poste de chercheuse au département de la communication. Elle est choisie pour présider la fédération régionale du Kok en 2004, intégrant parallèlement le comité directeur du parti. Elle abandonne en 2005 ses fonctions au sein de l'exécutif de la région.
En 2006, alors qu'elle obtient une licence de philosophie, elle quitte son poste universitaire et dans le Kok.
Députée européenne
Élue aux élections européennes du 25 mai 2014,
Elle est désignée par Ursula von der Leyen le 17 septembre 2024 pour être Vice-présidente exécutive de la Commission européenne. Elle reprend le portefeuille de Thierry Breton pour être chargée de la souveraineté technologique à la sécurité et à la démocratie, des technologies numériques et d'avant-garde. Elle entre en fonction le 1ᵉʳ décembre 2024.
Sa lettre de mission
adressée par Ursula Von Der Leyen en septembre 2024 :
Du point de vue de la souveraineté technologique, elle doit contribuer à replacer l’UE comme un acteur compétitif dans le domaine des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle face aux USA et à la Chine. Une dynamique difficile à trouver dans la mesure où l’Europe ne dispose pas d’un groupe de grandes entreprises européennes comparables aux GAFAM ou aux BATX.
Elle devra donc veiller à la pérennité des innovations européennes et à la souveraineté en termes de production d’innovations technologiques et de recherche et développement. En résumé, moins d’interdépendance pour une Europe technologique souveraine.
Dans le domaine de la sécurité, les enjeux sont multiples : elle doit gérer les menaces cyber, les intimidations et la manipulation de l’information.
Elle deviendra donc la cheffe d’orchestre de cette coordination sécuritaire des 27, et organisera le développement d’une réponse rapide face à l’ensemble de ces menaces. Cet objectif est d’autant plus important que la Russie de Poutine cherche régulièrement à s’immiscer dans les affaires européennes.
Enfin, à l’heure où la démocratie vacille en Europe, comme en Hongrie, Henna Virkkunen doit contribuer au développement d’un bouclier européen de la démocratie, pour contrer la manipulation de l’information et garantir la transparence des processus démocratiques. L’application de l’État de droit dans les 27 États membres et le respect des valeurs de la construction européenne sont également des sujets au cœur de sa fonction.
Cafetech, 23 septembre 2024
"Ce n’est pas un, mais deux costumes que va reprendre Henna Virkkunen. Au petit jeu des intitulés de poste et des ordres de mission, la nouvelle commissaire européenne à la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie va récupérer une grande partie des prérogatives de Margrethe Vestager et de Thierry Breton, respectivement responsables de la concurrence et du marché intérieur au sein du précédent exécutif bruxellois. Elle sera notamment chargée des initiatives autour de l’intelligence artificielle, comme les “usines d’IA” que Bruxelles souhaite créer. Elle suivra aussi l’avancée du Chips Act, qui vise à quadrupler la production de puces en Europe. Et elle aura enfin la lourde tâche de faire appliquer le Digital Services Act et le Digital Markets Act, les deux nouvelles réglementations européennes du numérique.
Enquête sur X – Eurodéputée depuis 2014, Henna Virkkunen devrait ainsi se retrouver rapidement en première ligne. Car les dossiers chauds ne manquent pas. Dans le cas du DSA, les services européens ont lancé plusieurs enquêtes sur les mesures mises en place par les réseaux sociaux pour lutter contre la désinformation, notamment lors du conflit israélo-palestinien et des élections européennes. La procédure la plus explosive concerne probablement X, l’ancien Twitter, qui ne manquera pas de crier à la censure en cas de sanctions. Si Elon Musk, son propriétaire, a certainement célébré le départ de Thierry Breton, l’arrivée de la responsable finlandaise n’est pas forcément le signe d’une application moins sévère du DSA pour les géants américains. Henna Virkkunen a en effet participé à l’élaboration du texte au Parlement.
Discuter avec Apple – La nouvelle commissaire devra aussi gérer les relations avec Apple, rappelé à l’ordre dans le cadre du DMA, qui vise, lui, à renforcer la concurrence dans le numérique. Elle aura pour mission de mener une phase de discussions imposée la semaine dernière au groupe à la pomme, vent debout contre cette législation, sur l’interopérabilité de ses systèmes d’exploitation. Surtout, elle devra se pencher sur le dossier des boutiques tierces d’application, alors qu’Apple a imposé une nouvelle structure de commissions visant à empêcher l’émergence de véritables rivaux à son App Store. D’autres procédures sont en cours contre Google et Meta, la maison mère de Facebook et d’Instagram. Là aussi, sa volonté de faire appliquer la réglementation ne devrait pas être bien différente de celle de Margrethe Vestager.
L’antitrust en retrait ? – Contrairement à l’ancienne commissaire danoise, Henna Virkkunen ne sera en revanche pas responsable de la concurrence. Les services antitrust seront en effet placés sous la tutelle de l’espagnole Teresa Ribera au sein d’un portefeuille très élargi, principalement centré autour de la transition écologique. Ce changement pourrait signifier une stratégie moins agressive contre les géants du numérique. Par exemple, sur les avantages fiscaux accordés à Apple ou à Amazon. Ou encore sur de potentiels abus de position dominante, comme pour la machine publicitaire de Google, que Margrethe Vestager envisageait, elle, de démanteler. Sur ce point, Bruxelles estime peut-être disposer, avec le DMA, d’un cadre réglementaire suffisant pour s’attaquer aux pratiques anticoncurrentielles et pour empêcher les prochaines."
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